Quelles solutions préconisez-vous pour préserver le capital humain ?
 

Olivier Bomboire : De nombreuses options sont possibles, dont des initiatives basées sur l’information et la formation. Celles-ci visent à sensibiliser et aider les employés à leur propre préservation et à éviter l’absentéisme à long terme, qui a malheureusement fortement augmenté ces dernières années. On voit par exemple l’organisation de séances d’information liées aux risques psychosociaux ou au stress chronique. En Belgique, les régulations actuelles sur la prévention de ces risques ont amené les entreprises à mettre en place des plans de sensibilisation.

 

Ces plans de sensibilisation sont-ils suffisants ?
 

O. B. : S’ils sont nécessaires et utiles, ils sont cependant insuffisants. Il est impératif de créer un mécanisme qui rend possibles de réelles actions de prévention concrètes, tant au niveau des employés que des décideurs.  Aussi, nous intervenons via un questionnaire soumis aux employés, dont les résultats consolidés remontent à la hiérarchie d’une manière anonyme. Parmi les autres options, il y a aussi les coaches en entreprise, qui agissent de manière préventive. Toutes ces solutions permettent aussi aux entreprises de démontrer qu’il fait bon travailler chez elles.

 

Quelle méthodologie appliquez-vous ?
 

Après une élévation du niveau de conscience des employés au niveau individuel, il faut aussi que les entreprises se rendent compte de l’existence éventuelle de politiques qui affaiblissent leur capital humain.

O. B. : Notre questionnaire est un outil d’autoévaluation permettant à chaque employé de se confronter à différentes variables. Dans un premier temps, il permet d’identifier, dans le chef de chaque employé, l’intensité de son stress et de sa fatigue chronique sur la base de cinq grandes catégories : fatigues physique, émotionnelle, cognitive, comportementale et professionnelle. Souvent, les gens ne sont pas conscients de l’importance de cette fatigue, alors qu’elle peut justement mener au burnout. Dans un deuxième temps, notre approche clarifie la cause des symptômes identifiés. Pour ce faire, nous avons développé un modèle multifactoriel avec l’UCL, qui couvre l’ensemble des variables pouvant placer un individu dans une situation difficile : l’environnement professionnel, la technologie - dont la politique IT au sein de l’entreprise -, la politique de transport, le profil émotionnel de la personne, la logistique, l’harmonie familiale, la vie privée, etc.

 

Que faites-vous ensuite ?
 

O. B. : Après une élévation du niveau de conscience des employés au niveau individuel, il faut aussi que les entreprises se rendent compte de l’existence éventuelle de politiques qui affaiblissent leur capital humain. Nous consolidons dès lors l’ensemble des réponses via des solutions analytiques permettant d’identifier globalement le niveau d’érosion du capital humain, et proposons une série d’actions de préservation. Nous avons aussi lié la fin de notre questionnaire à un reporting individuel, que chaque collaborateur peut consulter d’une manière confidentielle, et à une série de mesures d’accompagnement permettant que les employés puissent rapidement, voire immédiatement, saisir une main tendue. Cela peut être un coach ou un psychothérapeute ; nous disposons d’un réseau international de support sur rendez-vous ou en ligne.

 

Retrouvez plus d’informations sur www.preventingburnout.com.