A la base, les règles d’octroi et de calcul des montants des pensions sont assez simples. Mais, au fil du temps et des initiatives politiques, des adaptations et des exceptions de plus en plus nombreuses sont venues s’y greffer. Plusieurs facteurs rendent en outre difficile ce calcul : l’évolution du marché de l’emploi, la multiplicité des employeurs tout au long d’une carrière, l’occupation de postes à l’étranger en raison l’internationalisation des  carrières, le changement de statut du travailleur - employé, fonctionnaire, indépendant - , les pensions anticipées avant l’âge légal, le recul progressif de l’âge légal de la pension, etc. « Les professionnels du secteur ont déjà du mal à identifier clairement le montant de la pension dont bénéficiera le particulier.  Il ne faut donc pas demander au particulier d’avoir une idée précise de ce montant », résume Koen Bougard, conseiller financier spécialisé en matière de pensions.

Ce qui est sûr, c’est que le faible niveau des pensions assuré par l’Etat pose problème pour les salariés et les indépendants : par mois, ils ne bénéficient respectivement en moyenne que de 1.287 € et 763 €, contre 2.374 € pour les fonctionnaires. Les marges de manœuvre des salariés pour se constituer une retraite suffisante sont faibles. Les programmes d’assurance-groupe en font partie. Bien qu’en hausse, elles ne sont toutefois fort répandues que dans les grandes entreprises. « Leur pénétration reste encore difficile dans les PME car beaucoup d’entre elles sont financièrement sur le fil du rasoir », estime Koen Bougard. Une autre piste est l’épargne-pension, mais « elle n’offre que des perspectives limitées en raison des plafonds prévus. »

Le système de pension légale est aussi confronté à des variations : la démographie a un impact très important et la croissance économique influence le volume des cotisations collectées par l’Etat

Planifier sa retraite

Dès lors, la solution consiste à planifier sa retraite en organisant sa trajectoire en fonction de sa situation et de ses moyens : soit épargner, soit obtenir un meilleur rendement des actifs à disposition (immobilier, portefeuille-titres, épargne déjà constituée, etc.), soit une combinaison des deux. Avec l’aide d’un conseiller financier, il est possible d’émettre des hypothèses optimistes, neutres ou conservatrices, selon vos attentes. Koen Bougard prévient : « L’exercice peut s’avérer difficile. Il faut être conscient qu’il y a des variables : l’inflation, la longévité, le rendement financier… Etablir un plan financier en tenant compte de celles-ci permet déjà de les objectiver et d’y voir clair. Le système de pension légale est aussi confronté à des variations : la démographie a un impact très important et la croissance économique influence le volume des cotisations collectées par l’Etat. Mais ce n’est pas la responsabilité du candidat pensionné d’y faire face ! »

Le rôle du conseiller financier s’inscrit dans une démarche de bon sens : « Je demande aux gens : ‘Si vous partiez à la pension aujourd’hui, quels seraient votre style de vie, vos besoins ?’ Les gens ont en général conscience de ce que doit représenter leur pouvoir d’achat et on arrive assez rapidement à un montant. » Celui-ci est ensuite adapté en fonction de l’horizon temporel de la personne concernée, par exemple sur 20 ans. « En se livrant à une estimation de ce que le 1er  pilier de la pension légale représentera au moment du départ à la retraite, on peut notamment se fixer des objectifs en termes d’épargne », conclut notre interlocuteur.