Entretien avec Harald Berres, Senior Portfolio Manager chez Ethenea.
 

Comment ont évolué les marchés financiers au cours de l'année écoulée ?
 

« Nous nous trouvons depuis 10 ans dans ce que l'on appelle un "marché haussier". De 2009 à 2012, des modèles commerciaux stables et des entreprises de haute qualité ont très bien performé sur le marché boursier. Ensuite ont suivi quelques années au cours desquelles ce sont essentiellement les sociétés technologiques qui ont été performantes. Les entreprises américaines ont dominé cette croissance. La forte économie y a été soutenue par une réforme fiscale. 
Les marchés d'Europe surtout, mais également les États-Unis, ont profité de faibles taux d'intérêt. Dans ces deux parties du monde, les revenus étaient élevés. Les pays en développement se sont moins bien portés pendant ces années. Les prix des matières premières sont restés relativement bas par comparaison à la période 2003 à 2007. »

 

Quelle influence cela a-t-il sur les investissements ?
 

« La situation était difficile pour les obligations européennes en raison des faibles taux d'intérêt continus et des spreads réduits. Leurs performances n'étaient donc pas fantastiques, mais il n'y a pas de risque de change pour l'euro. Les obligations américaines semblent plus attrayantes, mais elles sont associées à un risque de change élevé. Le dollar est plus fort que l'euro pour l’instant. »
 


Harald Berres, Senior Portfolio Manager Ethenea Independent Investors S.A.

Quels sont les plus grands risques ?
 

« Le plus grand risque est la valorisation élevée dans certains secteurs. Certains noms attrayants aux États-Unis et en Europe ont été estimés à une très haute valeur, leurs prix a donc très fortement et très rapidement augmenté. Si on se projette à long terme, on peut déjà dire que ceux-ci sont trop élevés. Mais de manière générale, le marché n'est pas surestimé. Le danger vient surtout des secteurs en croissance. Une minorité de grosses sociétés domine le marché. Par ailleurs, une faiblesse potentielle des marchés émergents pourrait également avoir un impact négatif à l'avenir. »

 

Quelles évolutions prévoyez-vous à court terme ?
 

« À court terme, on s'attend à ce que le marché reste le même que pendant les dernières années. Les actions bien performantes devraient le rester dans un futur proche. Les actions moins onéreuses des marchés en expansion devraient provisoirement continuer à sous-performer. Les prix des matières premières restent bas et volatils. »

 

Quels événements pourraient avoir une influence dans les années à venir ?
 


À court terme, on s'attend à ce que le marché reste le même que pendant les dernières années.
 

« Si le taux d'intérêt dépasse la limite de trois pour cent aux États-Unis, il pourrait changer la donne. Le président Trump mène actuellement une guerre commerciale. Pour le moment, le contexte est un peu plus positif en raison de sa volonté annoncée de conclure un accord avec le Canada et le Mexique. Il a également rencontré Jean-Claude Juncker pour pouvoir conclure un accord avec l'UE. »

 
« Naturellement, il y a aussi la Chine, la deuxième plus grosse économie au monde après les États‑Unis. Si Trump pouvait arriver à un accord avec eux, ce serait une très bonne affaire pour les deux grandes puissances. Au cours de la période écoulée, la Chine a en effet eu de faibles résultats à cause de la guerre commerciale.
L'Europe dépend surtout des États-Unis. Si ces derniers obtiennent de bons résultats (par exemple, grâce à un accord avec la Chine), l’Europe en fera de même. »

 

Quel est votre conseil aux investisseurs pour l'année à venir ?
 

« Les actions sont encore le meilleur choix pour obtenir un gain raisonnable, mais le marché boursier n'est pas une voie à sens unique. C'est pourquoi les investisseurs doivent être préparés à un recul. En ce moment, les actions les plus fortes (comme Netflix et Amazon) affichent la meilleure dynamique, mais cela pourrait changer dans les mois à venir. Les investisseurs doivent rester réalistes et ne doivent pas investir trop d'argent dans les sociétés émergentes. »