Patrice Macar, coordinateur francophone de Testament.be

Quel est le profil des personnes inscrivant un legs dans leur testament ?

Patrice Macar : « Généralement, il s’agit de personnes nées entre 1935 et 1955. En gros, c’est la génération « baby boom », devenue aujourd’hui la génération « papy boom ». Si, globalement, ces personnes sont déjà des donateurs de leur vivant, on distingue néanmoins cinq profils distincts parmi les testateurs qui effectuent un legs. »

Lesquels ?

« Un : le testateur « sympathique », au sens grec de « souffrir avec ». Il « lègue comme il souffre ». Il est conduit par ses affects plutôt que par sa rationalité. Ce type de testateur a souvent connu une maladie grave au cours de son existence, soit directement, soit dans son entourage. Il veut dès lors éviter cette souffrance aux autres. Deux : le testateur « concerné », dont l’approche est plus raisonnée. Il « lègue comme il vote ». Son message éthico-politique est que, pour que les associations remplissent efficacement leur mission, toute personne doit apporter sa pierre à l’édifice. Trois : la personne qu’une campagne de communication dans les médias fait réfléchir, avec pour conséquence de l’inciter à se décider à léguer une partie de ses biens à une bonne cause. Quatre : le donateur « idiosyncrasique », c’est-à-dire au comportement particulier. Il fait par exemple un legs de manière inconsciente en raison de son histoire personnelle, comme une maladie grave dont il a réchappé 20 ans plus tôt et qui le motive à aider autrui. Cinq : la personne qui lègue un peu au hasard, de façon étrange voire improbable, un peu comme ces gens qui lèguent tout à leur animal de compagnie. »

Quels types d’associations bénéficient généralement des legs ?

« Les associations légataires, celles donc qui bénéficient des biens légués, sont des associations sans but lucratif. Il peut s’agir d’ASBL en tant que tel mais aussi, par exemple, d’universités ou d’institutions culturelles n’ayant pas ce statut spécifique. Par secteur d’activité, les principales associations bénéficiaires sont celles liées à la recherche médicale - de loin en tête - l’humanitaire, l’environnement, les animaux et les associations d’aide aux personnes, que ce soit en Belgique ou à l’étranger. »

Que font-elles des legs ?

« Elles font ce qu’elles ont programmé. Les associations fonctionnent généralement avec, chacune, un certain nombre de projets qu’elles expliquent au fur et à mesure au grand public, certains projets demandant des financements plus importants que d’autres. Les testateurs savent donc toujours à quels projets sont destinés leurs legs. Certains testateurs font d’ailleurs des legs à charge, c’est-à-dire destinés à l’un ou l‘autre projet bien précis. Soulignons que les associations légataires ont toutes un réviseur d’entreprise qui contrôle leurs comptes ; la grande majorité est en outre également contrôlée par l’AERF, l’Association pour une éthique dans la récolte de fonds. »