Recourir à l’organisation patrimoniale - Pour Thierry Afschrift, avocat et professeur de droit à l’ULB, « en Belgique, nous vivons dans l’un des pays les plus taxés au monde ! C’est vrai aussi pour la fortune, avec des intérêts et dividendes taxés à 30 % et des droits de succession extrêmement élevés. Recourir à l’organisation patrimoniale me paraît dès lors indispensable, surtout à partir d’un certain âge. Ceci permet, via des produits financiers tout à fait légaux, d’éviter les droits de succession et la lourde taxation sur les revenus mobiliers. »

À chacun sa solution - Au niveau successoral, il existe une large gamme de possibilités. « On ne peut toutefois pas se contenter de produits tout faits ; ils doivent toujours être adaptés à la situation de chacun en recourant à des avocats et des fiscalistes. Il faut entre autres tenir compte d’éléments de droit civil fort différents d’une personne à l’autre. »

Exemples - Parmi les solutions existantes, on peut mentionner le recours à des assurances patrimoniales, les donations et tous les types de libéralités entre vivants. « Tout ce que l’on donne de son vivant peut échapper à la taxation successorale, moyennant certaines conditions. Hormis sur les immeubles, les donations, elles, sont peu taxées, voire pas du tout. Concernant les patrimoines immobiliers, le recours à des sociétés peut s’avérer utile à un certain âge. En revanche, lorsqu’on est jeune, les sociétés immobilières sont de moins en moins intéressantes de nos jours. »

Evolutions récentes -  « Aujourd’hui, l’inquiétude vient de Vlabel, l’administration fiscale flamande pour les droits d’enregistrement et de succession. Jusqu’il y a peu, la Région flamande était la plus avantageuse en matière d’organisation de patrimoine. Elle le devient de moins en moins, ayant tendance à accorder des rulings de moins en moins intéressants. Elle tente de rendre impossibles un certain nombre d’opérations pourtant légales. Pour "exister", Vlabel prend un malin plaisir à revenir sur toutes les interprétations favorables du service fédéral des décisions anticipées. Ce n’est là que le point de vue de l’administration flamande, qui n’est peut-être pas légal, mais le résultat est que la plupart des gens ne souhaitent pas - et ils ont raison - se lancer dans des opérations n’ayant pas les faveurs de l’administration. »