Pionnière au Niger, Aviniger propose une production de qualité, fonctionne à l’énergie solaire et contribue à nourrir les populations locales. Les explications de Guy Van Kesteren, son fondateur.
 

Quelle est la mission d’Aviniger ?
 

« Notre ferme a pour mission de favoriser la production avicole locale et de faire bénéficier à la population nigérienne d’une source de protéines stable, fiable et accessible notamment pour les enfants. Le Niger est l’un des pays les plus pauvres au monde, avec 43 % des enfants touchés par la malnutrition infantile chronique d’après les données du PNUD. Actuellement, 80 % des œufs consommés y sont importés de l’étranger, et c’est également le cas pour les autres produits de volaille. Ces produits arrivent en général en mauvaise qualité et posent souvent d’énormes problèmes sanitaires. Notre ferme répond donc à une demande très forte du pays et à une prise de conscience de l’importance de la qualité de la nourriture. »

 

Aviez-vous pour but de vous inscrire dans une démarche green ?
 

« Au départ, nous n’avions pas en tête de lancer un projet eco-friendly : le Niger a d’autres priorités. Mais nos partenaires financiers nous ont dirigés vers les aspects environnementaux en investissant entre autres dans une centrale photovoltaïque de 250 KW ainsi que vers les nouvelles normes de bien-être des animaux, et nous en sommes aujourd’hui très satisfaits. »
 


 

Quels ont été les principaux défis auxquels vous avez fait face pour le lancement de la ferme ?
 

« Le premier défi a été de trouver des partenaires financiers. L’autre difficulté à laquelle nous avons dû faire face, c’est la construction de la ferme, que ce soit au niveau du génie civil, du béton, des fondations, de la main d’œuvre, de la logistique, … Tous ces aspects sont bien plus compliqués à mettre en place ici qu’en Belgique ! De plus, les conditions climatiques du Niger sont difficiles à supporter, aussi bien pour les humains que pour la volaille. Par contre, j’ai toujours été très bien aidé et soutenu par les différents membres du gouvernement nigérien. Il y a de fortes attentes pour la réussite de ce projet, ils ont donc été très réactifs et ont apporté tout le support institutionnel nécessaire. »

 

Que représente l’investissement de BIO-Invest ?
 

Aviniger est devenu un projet-phare au Niger. Nous espérons qu’il servira de modèle pour la création d’autres fermes de ce type.

« Les fonds de BIO-Invest s’élèvent à 2,60 millions €, soit près de 40 % de l’ensemble des investissements dont nous avons bénéficié. Notre autre partenaire financier est Injaro. Grâce aux fonds de BIO-Invest, nous avons financé le génie civil et l’achat de nombreuses infrastructures. Sans eux, nous n’aurions jamais pu aller aussi loin. »

 

Quels sont vos espoirs pour l’avenir ?
 

« Aviniger est devenu un projet-phare au Niger. Nous espérons qu’il servira de modèle pour la création d’autres fermes de ce type, que ce soit au Niger ou dans d’autres pays d’Afrique où les besoins s’accroissent de manière exponentielle avec la démographie. Nous voulons y apporter notre modeste contribution et nous allons y arriver. »

 


La Société belge d’Investissement pour les Pays en Développement (BIO) a pour mission de favoriser la mise en place d’un secteur privé fort dans les pays en développement et émergents, pour leur permettre d’accéder à une croissance et à un développement durables, dans le cadre de la réalisation des Objectifs de Développement Durable.


 

Une approche sociale

Dans chacun de ses investissements, BIO-Invest mise sur une approche sociale et un respect rigoureux des normes internationales. Le point de vue de Mr. Idrissa Abdoulaye, conseiller juridique en droit du travail pour Aviniger.

Quel a été votre rôle au sein d’Aviniger ?

« Il m’a été demandé d’apporter mon expertise en matière d’hygiène, de santé et de sécurité au travail. Dès le début du projet, nous avons donc parcouru de long en large les réglementations nigériennes et internationales, dans le but de sécuriser aussi bien le personnel que l’environnement de travail, le matériel, les animaux, etc. L’aspect social est primordial dans l’approche de BIO-Invest, notamment dans le contact avec les riverains. »

Quels sont vos défis pour l’avenir ?

 « Pour le moment, nous sommes en plein chantier d’agrandissement de la ferme. Par la suite, le grand défi sera le recrutement : nous devons à terme, employer plus de 60 personnes mais ce nombre augmentera certainement. »