Comme l’explique Karin Genoe, CEO de Vias, ce changement correspond à un élargissement des missions.



Pourquoi ce changement de nom ?
 

« Pour trois raisons. Un : nous sommes de plus en plus en contact avec l’étranger et avoir un nom dont les abréviations diffèrent de langue en langue pose problème en termes de positionnement sur le plan international. Deux : depuis plusieurs années, nous nous professionnalisons et rajeunissons l’organisation, ce qui nous a amené à un nom plus dynamique. Trois - et c’est le plus important : Vias est désormais un institut de recherche sur le comportement au sens large et plus uniquement au niveau de la sécurité routière. Précisions que l’IBSR était une ASBL de droit privé, tandis que Vias est une société à finalité sociale qui, donc, reste une organisation sans but lucratif. Nous comptons désormais 135 collaborateurs. »

 

Votre conseil d’administration compte-t-il des représentants des parties civiles ?
 

« Non, ce fut le cas à l’IBSR jusqu’en 2016. Depuis lors, nous sommes entièrement autonomes. Par ailleurs, soulignons que bien que n’étant pas un organisme parastatal, l’IBSR avait comme client principal le gouvernement ; aujourd’hui, Vias s’est diversifié non seulement au niveau de ses missions, domaines d’activités et produits mais aussi de ses clients. Parmi ceux-ci, figurent par exemple désormais aussi les autorités publiques régionales et locales, la Commission européenne et des organismes à l’étranger. »

 

En quoi le panel de vos missions s’est-il élargi ?
 

Financé par le programme européen H2020, le projet Anita est destiné à traquer les cybercriminels.

« Notre première mission est d’être un centre de connaissances en matière du comportements et de réduire, de manière durable, les risques sociétaux par des changements de comportements. Cela touche à la sécurité routière, à la mobilité, aux soins de santé, aux nouvelles technologies, à l’innovation, à la sécurité au sens large, etc. Notre deuxième mission est dès lors de sensibiliser et d’informer le grand public, les entreprises et les autorités via des services, des formations, du coaching et des partenariats avec des autorités publiques et privées. »

 

Des exemples ?
 

« Au niveau du grand public, nous réalisons par exemple des examens de réintégration pour les personnes déchues du droit de conduire. Par ailleurs, en décembre dernier, nous avons organisé une journée d’étude destinée à des policiers et des pompiers pour leur parler des lunettes intelligentes. Celles-ci sont portées par les membres des services de secours pour, entre autres, afficher et transmettre de l’information comme le plan d’un bâtiment dès son entrée. Nous faisons ainsi le lien entre le secteur privé qui conçoit ces lunettes et les services publics amenés à les utiliser. Nous avons également un projet baptisé Anita (Advanced Tools for Fighting Online Illegal Traficking) destiné à traquer les cybercriminels, de plus en plus actifs sur internet, en développant un système de cartographie des réseaux illégaux en ligne. Financé par le programme européen H2020, ce projet est réalisé avec 17 partenaires issus de 11 pays européens. De manière globale, notre objectif n’est plus de faire tout, tout seul, mais d’établir des partenariats intelligents avec des sociétés privées et les pouvoirs publics. »

 

Un autre exemple lié à la sécurité ?
 

« Depuis 2012, nous organisions déjà le baromètre national de la sécurité routière. Cette année, notre institut lance aussi un nouveau baromètre de grande envergure auprès des entreprises. Objectif : connaître la place occupée par la sécurité ainsi que les moyens mis en œuvre contre la criminalité. Ce baromètre abordera des thèmes aussi divers que l’attention portée par une société à la sûreté, l’estimation du risque, la culture et la politique de sécurité au sein de l’entreprise et tout cela aussi bien dans l’IT qu’au niveau physique et organisationnel.  Ce projet est réalisé en partenariat avec des organisations comme la FEB, l’UWE et Unizo.»