Le coût de l’énergie nous pousse à calfeutrer nos maisons. Nous isolons un maximum pour minimiser l’impact sur l’environnement et sur notre portefeuille. Mais si ces mesures certes sont nécessaires, il ne faut pas pour autant qu’elles empêchent une bonne aération des bâtiments. Nous passons la majorité de notre temps dans à l’intérieur. On l’ignore souvent, mais la pollution intérieure peut avoir des répercussions plus importantes sur la santé que celles de l’environnement extérieur.

Selon un rapport de l’Organisation mondiale de la Santé, l’asthme et les affections respiratoires (rhinite, sinusites…) sont les deux grands problèmes de santé dus à la pollution intérieure, dans les pays développés. Les victimes les plus touchées sont, comme toujours, les enfants et les personnes âgées. Pourtant, les écoles et les maisons de repos sont souvent des bâtiments particulièrement mal aérés. Plus une pièce est petite et plus il y a de personnes, plus il faut aérer. Imaginez une classe de 25 bambins…

Mais qui sont les coupables ?

Il y en a malheureusement beaucoup. Tout d’abord, toute une série de composés organiques volatils est mise en cause. Ces composés appartiennent à diverses familles chimiques. Parmi eux, il y a notamment les hydrocarbures aromatiques, que l’on retrouve dans les papiers peints ou les peintures, ou le formaldéhyde, typique du bois aggloméré ou des sols stratifiés. Sont souvent à la une, le monoxyde de carbone et le radon, deux autres sources de pollution dans les bâtiments. Tous les deux sont incolores et inodores, mais dangereux pour la santé. Le premier est émis par les systèmes de chauffage et de cuisson au gaz, mais aussi par le tabac. Quant au deuxième, c’est un gaz radioactif naturel, présent dans tous les sols, mais aussi dans certains matériaux de construction.

Dans une autre catégorie, il reste le problème des bio-contaminants. Les acariens (essentiellement leurs excréments) sont des ennemis bien connus de l’intérieur. Mais il ne faut pas oublier les plantes, les animaux domestiques, leurs microbes et même ceux des hommes. Les moisissures sont, elles aussi, une source de pollution importante résultant généralement d’une aération insuffisante.

Pas de panique !

Toutes ces informations ont de quoi en faire trembler plus d’un. Toutefois, la solution est simple : il faut aérer. Il y a deux façons de le faire : tout d’abord par l’aération naturelle (par exemple, en ouvrant les fenêtres), mais aussi grâce aux systèmes de ventilation mécanique. Si ces derniers sont de toute façon nécessaires dans les grands bâtiments, ils peuvent facilement trouver leur place dans les logements privés, surtout s’ils sont récents et peut-être un peu trop bien isolés pour la santé. Alors pas de stress et avant tout, rappelez-vous qu’il vaut mieux une maison bien ventilée en ville, qu’une maison mal ventilée à la campagne…