D’où vous vient cette passion pour la déco d’intérieur ?

Sabrina Jacobs - Mon père étant entrepreneur, j’ai baigné dans l’aménagement de maisons et d’appartements depuis mon plus jeune âge. Il a d’ailleurs coutume de dire que c’est parce que j’ai tellement respiré la poussière des chantiers que j’ai une brique dans le ventre ! Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu cette habitude de regarder autour de moi la manière d’optimaliser l’espace, d’améliorer un lieu de vie. J’ai ensuite tenté d’y apporter ma vision personnelle, ce qui, plus tard, m’a amenée à présenter l’émission Clé sur Porte sur RTL-TVi.

Quelle tendance vous marque le plus ces dernières années ?

Le potentiel qu’offre la modularité me plait énormément !

S. J. - La modularité des éléments : une table de salle à manger peut se transformer en bureau ; des pans de mur ont une double utilité ; etc. Ceci est né un peu d’un effet de mode, mais surtout d’un besoin : vu le prix des logements au mètre carré, les espaces sont aujourd’hui devenus de plus en plus petits ; on n’a plus toujours l’opportunité d’opter pour des meubles prenant de la place ou ayant chacun une fonction unique. Jusqu’il y a 20 ans, les gens allaient par exemple acheter une salle à manger ou une chambre complètes. Ce temps est révolu, en particulier parmi les jeunes qui s’installent. Le potentiel qu’offre la modularité me plait énormément !

C’est une approche à la fois économique et écologique…

S. J. - En effet ! Et une autre tendance qui l’est tout autant et que je trouve assez fantastique, c’est la récupération. On détourne l’utilisation première d’un objet pour en réinventer une nouvelle. Aujourd’hui, les récupérateurs de matériaux ont vraiment la cote avec, à la clé, des réalisations extraordinaires et, à chaque fois, des pièces quasiment uniques. Certaines enseignes ont en même fait leur cheval de bataille : elles créent des meubles à partir de matériaux de récupération tels que de vieilles poutres ou des volets. Certaines pièces sont de véritables œuvres d’art.

La récup’ de vieux mobiliers a-t-elle aussi le vent en poupe ?

S. J. - Oui, en particulier chez les personnes bénéficiant encore de grandes demeures. Elles récupèrent des meubles anciens plus imposants et plus lourds, en chêne massif par exemple, que plus personne ne veut. Ces meubles sont ensuite entièrement repatinés et remis au goût du jour. Cette démarche économique, écologique et esthétique est particulièrement vraie du côté des jeunes générations, obligées de composer avec les éléments dont elles disposent.

Vous semblez particulièrement sensibles aux aspects écologiques…

S. J. - Oui et l’une de mes préoccupations, c’est la gestion du tri des déchets. Lorsque l’on aménage ou que l’on repense sa cuisine, il faut impérativement prévoir un emplacement pour chacun des quatre bacs de tri : papiers-cartons, verres, PMC et déchets résiduels. C’est très facile de trier si vous avez tout cela sous la main. En revanche, s’il faut par exemple descendre à la cave pour y mettre papiers et cartons, il y a fort à parier que ça ne se fasse pas, qu’ils encombrent les plans de travail de votre cuisine et qu’ils finissent dans la poubelle des déchets résiduels. Aujourd’hui, les fabricants de cuisines proposent des modules pensés pour accueillir le tri sélectif, et cela dans des espaces relativement restreints.

Selon les dernières enquêtes, le Belge rénove plus qu’il ne construit. Économique ou pas ?

S. J. - Le tout est de savoir jusqu’où on veut rénover. S’il s’agit simplement de mettre une couche de peinture, évidemment cela peut revenir moins cher. Mais cette tendance à la rénovation plutôt qu’à la construction est vraiment étonnante. D’une part, les taux d’intérêt sont très avantageux pour construire. D’autre part, la rénovation coûte généralement beaucoup plus cher, jusqu’à 25 % de plus que la construction. Mais la rénovation peut viser à étaler les dépenses dans le temps, ou être motivée par l’amour, l’âme d’un lieu. Il faut vraiment bien faire son calcul avant d’opérer un choix.