La violence conjugale touche toutes les catégories sociales et se manifeste de manière insidieuse, dans l’intimité. Une situation difficile qui dissuade encore beaucoup de femmes de témoigner.

Une violence qui ne dit pas toujours son nom

La maltraitance d’un conjoint peut se manifester sous plusieurs formes. De manière physique, par des rapports imposés, mais également par la parole : « Tu ne vaux rien », « abrutie »… Ces mots résonnent parfois encore des années plus tard dans l’esprit des femmes victimes de violences. Dans beaucoup de cas, ils visent à ôter toute estime de soi et à détruire la victime de l’intérieur avant des actes plus graves. Cette maltraitance s’accompagne souvent d’une violence psychologique. Elle consiste à isoler la victime de ses proches, à la restreindre dans son autonomie, à lui imputer la cause des conflits et à lui imposer un chantage. La victime finit alors par croire qu’elle est le problème et qu’elle mérite cette violence.

Mettre fin au cercle vicieux

Les violences conjugales épousent un schéma fait de périodes de crises, de justification, d’accalmies, et de peur. Elles se succèdent tantôt en détruisant la victime, tantôt en minimisant des actes inqualifiables. Un cercle vicieux qui ne peut être brisé que par le dialogue avec des professionnels ou des personnes de confiance. En témoignant, la victime se sent reconnue et prend peu à peu conscience de la situation. Elle peut alors solliciter un avocat, consulter un médecin, constituer un dossier de preuves, aller voir la police et porter plainte.

Les victimes de violences ne se comptent plus en Belgique. En 2013, la violence conjugale a coûté la vie à 162 personnes. Plus d’un dossier sur 4 pour coups et blessures volontaires concerne des couples. Réagissez, il n’est jamais trop tard.