Emilie Ringlet

Si ces actes peuvent se manifester dans la rue, les transports en commun ou dans le milieu du travail, bien souvent ces faits prennent place dans l’intimité des couples, à la maison.

Comment cela a-t-il commencé ?

Emilie Ringlet : « J’étais sa première copine. À l’époque, j’avais des difficultés familiales et mon conjoint m’avait assuré son soutien : c’était le copain parfait. C’est au bout de trois mois qu’il a commencé, petit à petit, à m’insulter, à me rabaisser, à m’humilier. Il me disait que j’étais bête et que je n’arriverais jamais à rien. J’étais complètement déstructurée. Peu de temps après, il a commencé à me frapper et m’imposer des rapports. »

Avez-vous été aidée ?

« Ma famille n’a jamais rien su jusqu’au jour où j’ai porté plainte. Je n’arrivais pas à en parler, car j’avais honte, mais aussi, car j’avais peur qu’on ne me croie pas. Ce n’est que quelques années plus tard, en prenant contact avec une femme, elle aussi
victime de mon conjoint, que nous avons réussi à porter plainte. Ensemble, on était plus fortes. »

Comment peut-on se reconstruire après avoir vécu cela ?

« C’est très difficile de porter plainte, mais il faut en parler, être comprise. Le plus important, c’est d’être reconnue comme victime. Dans mon cas, cela reste toujours un traumatisme dur à porter. »