Pour survivre, les animaux ont besoin de se défendre et au cours de l’évolution, certains d’entre eux ont développé des substances qui ne sont pas toxiques pour eux-mêmes mais qui le sont pour leur proie ou pour leur prédateur. Il est donc impossible de définir à priori quelle molécule est un poison : tout dépend de l’organisme qui y est confronté. Une substance peut également devenir poison en fonction de la dose ingérée ou de la durée à laquelle un organisme y est soumis. 

Le venin, une essence précieuse

Le poison peut être produit par l’animal via différents procédés. Certains, disposant du matériel génétique adéquat, le produisent eux-mêmes. Ce processus est extrêmement couteux pour l’animal et requiert une énergie importante, il n’utilisera donc son poison qu'en cas de nécessité.

D’autres animaux produisent ce poison via leur alimentation, à partir de laquelle ils accumulent des molécules que le corps peut ensuite utiliser pour fabriquer un composé toxique. 

Des bienfaits pour l’Homme

En matière d’application médicale, c’est la dose qui détermine le médicament ou le poison. La morsure du Cobra Royal, par exemple, est mortelle. Des chercheurs ont pourtant détecté dans son venin différentes molécules qui s’avèrent être d’excellents analgésiques (antidouleurs), comparables à la morphine mais sans les effets addictifs. Autre exemple, le monstre Gila, un lézard dont la salive est toxique mais qui contient des protéines capables de réguler le taux de sucre dans le sang. 

Le poison bienfaiteur ? La recherche médicale n’en est qu’à ses balbutiements, mais le potentiel est extraordinaire.Une autre raison, s’il en fallait encore, de protéger la biodiversité animale dont la diminution constituerait une menace de taille pour ces découvertes miraculeuses…