Damien Kremer de La Ligue des familles

La famille est au cœur des changements de société. En moins d’une génération, la vie des femmes s’est davantage transformée qu’en deux mille ans et leurs hommes font ce qu’ils peuvent avec cette mutation. Les manières de construire une famille se sont multipliées (familles monoparentales, recomposées, homoparentales, etc.). Les amours sont plus libres, mais les personnes seules plus nombreuses. Les grands-parents restent jeunes, mais vivent de plus en plus vieux. Les enfants sont adultes plus tôt, mais restent enfants plus tard. Leur éducation, leur place dans la société, le rôle de l’école ont été mis sens dessus dessous. Les révolutions techniques se succèdent à une allure folle. Bref, la famille n’échappe nullement au mouvement qui emporte ce monde et jour après jour, il faut la réinventer. Les parents se retrouvent soudain les ministres d’eux-mêmes.

C’est là que la Ligue des familles joue pleinement son rôle en suivant de près ces évolutions, veillant à travers ses médias, son action politique, mais aussi ses services et ses nombreux coups de pouce, à répondre toujours au plus près des besoins des parents.

Le temps qui court

Imaginez-vous que rien qu’en comptant les semaines scolaires (crèche comprise) sur grosso modo 18 ans, 3 420 jours de la vie du parent sont rythmés par la préparation des gosses, le petit matin, le départ pour l’école, les embouts pour les récupérer après 4 heures, les devoirs, le souper et la mise au lit. Ce qui fait 20 520 coups de reins (sans tour de reins, on l’espère !) à donner pour lever, habiller, nourrir, conduire, rechercher, écouter, assister… et coucher la marmaille.

Même en divisant ce chiffre par deux — on est encore majoritairement parents à deux –, il faut bien un an ou plus pour récupérer des forces et souffler un coup. D’où l’importance pour la Ligue des familles de défendre des services collectifs plus adaptés aux nouveaux rythmes de vie, une organisation des congés parentaux, une réflexion générale sur un capital-temps...

Une école plus adaptée

Mais l’enjeu de la conciliation des temps passe aussi par l’éducation. L’école où nos enfants passent tant d’heures est-elle à la hauteur du défi ? Comment la faire évoluer pour répondre aux besoins des enfants, aux évolutions technologiques, aux rythmes des parents ? Si tout le monde s’accorde sur le fait que notre modèle n’est plus adéquat, chaque proposition de changement suscite une levée de boucliers. Il faudra pourtant oser le changement, faire des paris et offrir aux principaux acteurs - professeurs, directeurs… - les moyens de nos ambitions. Aux côtés de nombreux acteurs, la Ligue a participé ces dernières années à un débat vivifiant pour repenser l’école. À l’heure où ces travaux s’achèvent, la main passe au politique qui devra trancher et permettre la mise en œuvre des mesures préconisées. On attend.