Barbara Claeys, directrice de l’ECS-SupDeWeb

Pourquoi est-il important de permettre aux étudiants d’avoir un pied dans le monde du travail ?

Barbara Claeys : Cela permet à l’étudiant de développer un panel de compétences qui va au-delà de celui enseigné au niveau académique, comme développer la confiance en soi, challenger ses idées en terrain fertile, se confronter non plus à ses pairs, mais à tous types de générations ou encore construire très vite son carnet d’adresses.

Quelles sont les bonnes et les mauvaises raisons de prendre un stagiaire ?

BC : Pour les entreprises n’ayant que peu d’expérience digitale, il est opportun d’être confrontées à des « digital natives », d’avoir ce miroir intellectuel de jeunes dotés d’une expérience connectée. Ces stagiaires sont en outre les acteurs et consommateurs de demain ; ils peuvent porter un regard neuf et objectif sur les pratiques et structures d’organisations parfois trop enfermées dans leur quotidien. Enfin, cela permet de repérer les bons éléments et ne pas se tromper à l’engagement. En revanche, si vous cherchez de la main-d’œuvre gratuite, si vous trouvez que vous avez trop de boulot ou si vous n’avez pas d’objectifs clairs pour eux, ce n’est pas la peine de prendre des stagiaires.

Les entreprises se montrent-elles parfois réticentes à prendre des stagiaires ?

BC : Énormément de sociétés le voient encore comme une charge de travail plutôt que comme une réelle opportunité. Aussi, la législation belge est quasiment inexistante sur le volet financement. Par comparaison, en France, les OPCA (organismes paritaires collecteurs agréés), des structures agréées par l’État, assurent la gestion du financement de la formation professionnelle continue dans le secteur privé. Elles récoltent des fonds auprès d’entreprises pour les plans de formation professionnelle. Dès lors, on a un cadre légal motivant pour l’étudiant, rémunéré via les contrats « Pro ». Je trouve frustrant qu’en Belgique ce soit encore trop le parcours du combattant.