Marc Theuns
Président de la Commission Recruitment, Search & Selection de Federgon

Ainsi, il semble qu’au plus la fonction soit technique, au plus les entreprises peinent à recruter. Et ce qu’il s’agisse de fonctions telles qu’ingénieur, analyste programmeur, électromécanicien, soudeur, mais aussi dans des domaines tels que la comptabilité ou la fiscalité. La solution miracle n’existe pas, mais il est toutefois possible de faire évoluer les mentalités pour que les différents acteurs concernés apportent chacun leur pierre à l’édifice. Si un employeur a entièrement le droit de faire preuve d’esprit critique et de se montrer exigeant au niveau des compétences, certains font néanmoins le choix positif de mettre l’accent sur le potentiel d’un candidat plutôt que de s’accrocher à tout prix à des critères plus traditionnels qui rendent le recrutement moins aisé.

Elargir le champ de vision

Dans le même ordre d’idées, la démarche est similaire pour un chercheur d’emploi : certains jeunes diplômés peinent à faire preuve de flexibilité et à élargir leur champ de vision s’ils ne trouvent pas un travail rapidement après la fin de leurs études. Enfin, quelques idées préconçues subsistent au sujet de l’enseignement professionnel, parfois encore perçu comme une voie de garage alors que l’apprentissage qui y est délivré  forme des personnes parfaitement qualifiées et ouvrant la voie à de nombreux débouchés. Dans cette optique, l’importance de la valorisation de cette filière d’enseignement prend tout son sens.

Mettre sur pied des formations

Les différents organismes pour l’emploi accomplissent de nombreux efforts en terme de conseils d’orientation et d’accompagnement. Beaucoup de fédérations professionnelles ne sont pas en reste et mettent sur pied des formations, tout comme certaines entreprises font le choix de former en interne leurs ouvriers et employés pour remédier à la pénurie. De son côté, une fédération de prestataires de services RH telle que Federgon encourage fréquemment les employeurs à faire preuve d’une plus grande ouverture d’esprit, de voir les choses de manière plus large. Parallèlement, des entrevues régulières avec le Forem en Wallonie, le VDAB en Flandre et Actiris en région de Bruxelles-Capitale permettent d’établir des points d’action et échanger des idées. 

Prendre sa responsabilité

On l’aura compris : il existe sur le marché du travail un réel potentiel qui mérite d’être utilisé. Les choses peuvent évoluer, à condition que chacun prenne ses responsabilités, sans attendre que tout vienne du politique. Quelles que soient les majorités au pouvoir, tant au niveau fédéral que régional, le pouvoir politique ne détient pas de formule magique. Mais une dynamique positive peut se créer entre les différents interlocuteurs : un marché de l’emploi où employeurs et chercheurs d’emploi se retrouvent  pour combler peu à peu le déséquilibre entre l’offre et la demande de qualifications et ouvrir des passerelles de transition d’un secteur à l’autre.