Pour ce jeune talent belge, «lancer sa propre affaire ne se fait pas en un jour. L'entrepreneur qui essaie de lancer sur le marché un produit qui n'existe pas encore doit réussir à convaincre ses interlocuteurs d'investir dans son projet.

Mais le propre de l'entrepreneur est de ne pas s'arrêter devant la difficulté et de trouver une solution. Nous avons la chance de vivre à une époque où il est possible de partir à l'autre bout du monde avec un billet d'avion et d'être connecté avec le monde entier. Le genre de startup innovante et qui utilise les réseaux sociaux ne rencontre pas forcément un terrain très fertile en Europe, d'où ma décision de m'installer à San Francisco pour y lancer ce qui allait devenir Storify».

Prise de risques

N'y avait-il toutefois pas un risque de tenter l'aventure américaine? «Si on ne regarde qu'aux risques, on ne fait rien. Etre entrepreneur, c'est se lancer d'une falaise et être capable de construire un avion pendant la chute. Il y a toujours des risques, bien sûr, mais je suis convaincu que lorsqu'on est jeune, cette prise de risque est très limitée. Je conseille vivement aux jeunes qui souhaitent entreprendre de ne pas hésiter à partir à l'aventure pendant un an pour essayer de lancer leur projet: au mieux, ils réussiront et au pire, s'ils échouent, il leur sera toujours loisible de revenir en Belgique et d'y trouver un emploi. Rien n'est irréversible à cet âge-là!»

Storify ayant rencontré le succès, Xavier Damman a décidé de franchir une nouvelle étape: «J'ai revendu Storify car ce qui m'intéresse, c'est de créer de nouvelles choses et de les lancer. Après plusieurs années passées à travailler sur ce projet, j'ai pris la décision de le revendre lorsque j'ai trouvé un partenaire qui était prêt à poursuivre le développement du produit et de la marque et qui proposait pour ce faire une démarche sérieuse et ambitieuse.»

Oser se lancer

Une success story de ce genre, Xavier Damman est convaincu que d'autres jeunes pourraient y goûter: «Il faut rester concentrés sur les opportunités plutôt que sur les risques. La chose est difficile car une certaine mentalité prédomine en Europe chez les investisseurs éventuels, qui consiste à vouloir tout analyser jusque dans les moindres détails avant de donner son aval à un projet. Or, ma propre expérience m'a démontré qu'aussi complets ces business plans puissent être, la majorité de ces risques supposés ne va pas se produire. Alors qu'au contraire, c'est souvent ce qu'on n'a pas imaginé qui arrive.

Il faut être conscient de cela, pouvoir se lancer et gérer les choses au fur et à mesure qu'elles se présentent. Préoccupez-vous avant tout des opportunités et soyez sûrs que vous êtes passionnés par le domaine dans lequel vous voulez vous lancer, car la vie d'un entrepreneur comporte beaucoup de hauts mais aussi de bas.

De nos jours, on n'a plus aucune excuse: la connaissance humaine est disponible gratuitement et quasiment à l'infini sur internet. Il est possible de créer du software et même du hardware: tant de ressources sont partagées sur la toile que cela ouvre de nombreuses portes à travers le monde. On assiste là une véritable renaissance de l'entreprenariat. Une révolution qui ne fait que commencer!»