Bénédicte Collard, Responsable Eclairage Public

Aujourd’hui responsable de service au sein d’une grande entreprise, elle nous livre son sentiment sur sa place de femme dans un secteur essentiellement masculin.

Pourquoi avoir choisi un métier technique ?

Bénédicte Collard - Cela s’est fait naturellement : j’étais une grande fan de mathématiques et de sciences. Ceci m’a amené à des études d’ingénieur civil architecte à l’UCL. Depuis une vingtaine d’années, j’ai travaillé dans plusieurs sociétés liées au domaine de l’éclairage.

En tant que femme, êtes-vous confrontée à des attitudes particulières ?

B. C. - Aujourd‘hui, je n’ai plus cette impression, mais je l’ai très fort ressenti au début de ma carrière. On était par exemple plus durs avec les collègues masculins de mon âge qu’avec moi ; il y avait une sorte de gentillesse naturelle et de protection vis-à-vis d’une jeune fille qui débarquait dans le monde technique. En revanche, pour moi, la contrepartie fut, dans le même temps, de poser des limites afin, d’une part, de garder une certaine distance et des relations strictement professionnelles et, d’autre part, d’exister et de m’imposer dans ce monde-là.

Les femmes font-elles montre de qualités particulières dans votre métier ?

B. C. - Il ne faudrait pas caricaturer : il y a de tout chez les femmes comme chez les hommes. On pourrait peut-être dire que les femmes sont parfois plus sensibles à l’ambiance de travail, au côté humain, au fonctionnement avec les collègues et qu’elles ont un sens de l’organisation et une forme de jusqu’au-boutisme, fort utiles dans le monde technique. Mais de nombreux hommes ont également ces qualités.

Quels conseils donner aux femmes désirant se lancer professionnellement ?

B. C. - D’abord, faire ce qu’elles aiment le mieux et le faire à fond. Ensuite, aller au-delà des clivages de ce qui est soi-disant réservé aux hommes ou aux femmes. Au même titre que les hommes, avec le temps, elles seront reconnues dans leurs compétences.