Rencontre avec Laure-Anne Hainski, Architecte au service de Prévention et Patrick Impatient, Opérateur pour le 112.
 

Quelle est votre fonction auprès des pompiers de Bruxelles ?
 

Laure-Anne Hainski : « Je suis architecte au service de Prévention, nous intervenons avant les catastrophes afin de réduire les risques d’incendie et de propagation du feu dans les bâtiments. Notre but est également de faciliter l’intervention sur le terrain de nos collègues pompiers. »

Patrick Impatient : « Je suis opérateur 112, à la centrale où nous décrochons les appels d’urgence et décidons de l’envoi de secours. Notre mission est d’enclencher un secours précis et adapté à la situation que décrit l’appelant. »

 

Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous engager ?
 

Laure-Anne : « Les attentats de 2016 ont provoqué en déclic en moi, je me suis dit que je voulais m’engager pour la sécurité publique et que même sans être pompier on pouvait avoir un rôle à jouer pour aider les gens. »

Patrick : « Pour ma part, j’en avais un peu ras-le-bol de mon ancien boulot de dispatcheur dans une centrale de dépannage voiture. J’avais besoin d’autre chose. J’ai vu une petite annonce dans le journal, je me suis dit pourquoi pas ! Cela fait maintenant 10 ans que je suis ici. »
 

Laure-Anne Hainski, architecte au service de Prévention.

 

D’après vous, quelles sont les qualités requises pour vos jobs ?
 

Laure-Anne : « Au service Prévention, nous n’allons pas en intervention, mais tout comme les pompiers nous devons être très vigilants, anticiper et prendre toutes les précautions. Il faut de l’empathie pour pouvoir se projeter aussi bien dans la peau de la personne qui devra évacuer les lieux que dans celle des intervenants divers (ambulanciers, pompiers, etc.). Les pompiers, c’est une famille, c’est un corps de métier très à part. Notre métier est connexe à ce monde-là, notre job est étroitement lié au leur. Notre rôle de prévention peut par exemple empêcher qu’un feu dans une cuisine ne se propage aux autres pièces ou au reste du bâtiment. Il s’agit donc d’une machine interconnectée où nous avons besoin les uns des autres. »

Patrick : « En tant qu’opérateur 112, il faut pouvoir rester calme et garder son sang-froid, surtout dans des situations critiques ou impressionnantes. De l’empathie, il en faut au moment de l’appel pour pouvoir apporter un secours et un soutien le plus juste possible par rapport à la situation, tout en étant capable de passer à autre chose après le boulot. Il faut également pouvoir résister au stress, à la fatigue mentale, être clairvoyant et anticiper les dommages possibles. Nous sommes aussi là pour donner les bons conseils afin que la personne puisse effectuer les premiers gestes. »
 

Patrick Impatient, opérateur pour le 112.

 

Quels ont été les temps forts de votre carrière ?
 

Patrick : « La première fois qu’un appelant est décédé au bout du fil. Je pense que cela me restera en tête toute ma vie. Il s’agissait d’un monsieur, mort d’une crise cardiaque en direct alors que je lui parlais au téléphone. J’ai fait tout ce qu’il fallait, mais il était trop tard. »

Laure-Anne : « Je ne travaille pour les pompiers que depuis un an et demi, mais les projets sont tous intéressants et importants. L’incendie de la tour Grenfell à Londres en juin dernier m’a particulièrement marquée et cet événement a d’ailleurs sensibilisé la Belgique à l’importance d’un service de prévention efficace. »

 

Monsieur Impatient, vous travailliez déjà pour les Pompiers en 2016. Quel a été votre rôle lors des attentats de Bruxelles ?
 

Patrick : « Le jour-même, j’ai coordonné la situation à Maelbeek, dans la gestion du plan-catastrophe. Je ne me suis pas occupé des appels mais vraiment de la logistique (soins médicaux, urgences, secours, etc.). Je n’étais pas en première ligne face aux victimes ou aux témoins, ce qui m’a permis de garder une certaine distance par rapport aux événements. »