Quel est votre parcours professionnel ?

Christophe Bourdon : « J’ai toujours voulu être scénariste et réalisateur. J’ai fait l’IAD dans un premier temps, mais j’ai échoué. Par la suite, j’ai commencé une formation en communication et suivi des stages dans des télés locales à Namur, à Rochefort, etc. J’ai pas mal galéré dans ce métier, en accumulant quelques années de chômage. Puis, je me suis occupé des pages culture à "La Meuse" à Namur. C’est à ce moment-là, en 2010, que le jeu "Tout le monde veut prendre sa place" est arrivé. »

 

Sur 133 participations, vous avez remporté 130 victoires ! Cela a-t-il eu des retombées importantes sur votre parcours ?

C. B. : « Oui. Dans la foulée du jeu de Nagui, la RTBF m’a proposé de travailler pour elle. En dehors de ça, il ne se passe pas une semaine, aujourd’hui encore, sans que l’on ne m’en parle… alors que c’était il y a 6 ou 7 ans ! À l’époque, je ne mesurais pas à quel point cela allait marquer les gens. Je ne m’attendais pas à rester aussi longtemps dans ce jeu télévisé… ni à ce que cela change ma vie comme cela ! »

 

La seule chose qui permet encore d’assurer son avenir, le seul placement rentable en Belgique, c’est sans doute d’avoir une brique dans le ventre et d’acheter une maison ou un appartement.

 

Cette victoire a aussi été synonyme d’un gain financier important. Cela a-t-il impacté votre avenir ?

C. B. : « C’est effectivement un avantage. Néanmoins, je ne suis pas très dépensier. Depuis toujours, mon rapport à la société de consommation est assez distancié. J’ai par exemple un vieux téléphone, non un smartphone. Par ailleurs, je suis actuellement travailleur indépendant, avec un métier précaire qui peut s’arrêter du jour au lendemain. J’ai donc gardé cet argent de côté ; il pourrait servir en cas de coup dur. J’envisage aussi d’acheter un bien immobilier à Bruxelles, mais rien n’est encore sûr. »

 

L’idée d’assurer son avenir, ça évoque quoi chez vous ?

C. B. : « C’est une question que je me pose souvent et j’aimerais bien trouver la réponse ! (rires) Je suis plutôt un artiste, je vis un peu au jour le jour et je ne sais pas si cela assure mon avenir. Je profite de la vie, tout en me demandant ce qui va m’arriver demain. C’est à la fois un stress et une joie ! Je mets un peu de côté via une épargne-pension, tout en n’étant pas dans la dynamique d’une retraite à 60 ans. La seule chose qui permet encore d’assurer son avenir, le seul placement rentable en Belgique, c’est sans doute d’avoir une brique dans le ventre et d’acheter une maison ou un appartement. Vu les taux d’intérêt, autant investir son argent dans un bien immobilier plutôt que le laisser dormir à la banque. »

 

La meilleure façon d’assurer son avenir n’est-elle pas finalement de se focaliser sur le présent ?

C. B. : « J’espère en effet que le travail que je fais me permettra d’assurer mon avenir. À cet égard, j’espère aussi que les gens avec qui je travaille aujourd’hui auront envie de retravailler avec moi demain et de partager des projets. Mais, pour l’heure, j’écris souvent mes chroniques radio et télé au jour le jour, ce qui me laisse peu de temps pour moi, notamment pour investir dans des projets à long terme. »

 

Votre vision de l’avenir est-elle faite de rêves ?

C. B. : « Mon rêve, c’est de relancer des projets d’écriture et de réalisation dans le cinéma, courts ou longs métrages. Dans le passé, j’ai coécrit le scénario d’un court métrage, "Le Négociant". Il y a deux ans, j’ai écrit et réalisé mon premier court métrage, "Le Zombie au vélo", un mélange de comédie, de film social et d’horreur. Ce qui me rend heureux, c’est de faire rire les gens et, plus largement, de susciter des émotions. »