Henri Lurkin, Président de la Coordination des Associations de Seniors

Qui sont ces seniors dont on parle tant ? Le décret du 26 mai 2011 à l’origine de la création de la Commission des seniors les définit comme « toute personne ayant atteint l’âge de 60 ans ». L’amélioration des conditions de vie et le progrès perpétuel des techniques médicales garantissent à la plupart d’entre nous une espérance de vie qui va bien au-delà de cet âge. L’allongement de la vie est un atout pour l’être humain et représente une opportunité énorme pour notre société. Pour la saisir, il est du devoir de nos dirigeants de prendre en compte cette évolution, mais surtout de l’utiliser dans l’intérêt de tous.

L’expérience au service de l’avenir

Tout d’abord, il est important de préciser que les seniors ne sont pas tous retraités puisque l’âge de la pension est toujours fixé à 65 ans. Certains choisissent également de poursuivre une carrière au-delà de cet âge. Ensuite, on peut aisément affirmer que les retraités de 2016 ne sont pas les retraités de 1966. Nombre de retraités mettent à profit leur temps libre pour continuer à produire ou, et c’est peut-être encore plus important, à transmettre.

Le bénévolat est bien entendu très répandu dans la part la plus âgée de la population. Prenons l’exemple des écoles des devoirs, précieuses à bien des égards. La plupart des surveillants et des conseillers appartiennent à la tranche d’âge des 60+. Les initiatives destinées à faire profiter les plus jeunes de l’expérience de leurs aînés sont nombreuses et variées et concernent également le monde professionnel. Ainsi, certaines structures proposent des services de consultance en entreprises par des retraités ou mettent en contact des jeunes et de moins jeunes qui prennent alors un rôle de mentor.

Mobilité et autonomie

Bien entendu, la préoccupation première d’une personne âgée est la santé et, par prolongement, la mobilité et l’autonomie. Prévoir un nombre de lits suffisant dans les maisons de repos ou donner une priorité au maintien à domicile doivent évidemment rester une obligation de nos gouvernants. Cependant, si l’on veut que les seniors prennent la place qui leur revient dans notre société, il est nécessaire que l’allongement de la vie soit pris en compte tant dans les travaux de voies publiques que dans l’urbanisation de nos villes, dans la réfection des voiries et dans les transports en commun. Ce qui est encore trop négligé de nos jours.