La perte auditive représente une réduction de la capacité à entendre les sons. Elle se manifeste selon divers degrés de gravité, pouvant parfois aller jusqu’à la surdité. Même quand elle n’est pas liée à une maladie grave, la perte auditive reste un handicap qui a des incidences sur la vie quotidienne, notamment la difficulté à comprendre quelqu’un qui parle, surtout lors d’une conversation à voix basse ou dans un environnement bruyant. Actuellement, 590 millions de personnes dans le monde, dont 1,4 million de Belges, sont touchés par ce trouble de l’ouïe. Une situation qui va s’aggraver avec le temps. En effet, en 2050, plus d’un milliard de la population mondiale souffrira d’une perte d’audition, selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). 

Venus l’emporte

Selon certains experts, « l’audition masculine se détériore deux fois plus vite que celle des femmes. » Déjà en 1994, une étude expérimentale révélait que les femmes entendaient mieux. Ces conclusions ont été confirmées par une récente étude italienne. Les données disponibles renseignent que les femmes entendent mieux à une fréquence de 1 000Hertz et sur toutes les fréquences vocales en général. 

Selon certains experts, l’audition masculine se détériore deux fois plus vite que celle des femmes

Une détérioration différente

Chez la femme, ce phénomène apparaît donc bien plus tard. En effet, les femmes constatent tardivement (environ à 50 ans) une déficience auditive liée à l’âge. Par contre, chez les hommes, la capacité auditive commence à décliner dès 30 ans. Et la perte de l’audition se détériore deux fois plus vite que chez les femmes. C’est l’une des raisons pour lesquelles les femmes et les hommes apprennent, écoutent et communiquent différemment. Toutefois, ces différences s’atténuent après 50 ans.

Autre révélation : « l’effet protecteur des hormones féminines est l’une des raisons pour lesquelles les femmes entre 30 et 50 ans entendent mieux ». Ajouter également le fait que les hommes sont plus exposés au bruit, que ce soit au travail ou durant leurs loisirs. Dès l’enfance, les garçons jouent de manière plus bruyante que les filles. Adultes, ils sont plus souvent confrontés au bruit (par exemple, lorsqu’ils bricolent avec une foreuse électrique ou qu’ils pratiquent certains sports bruyants) », explique Mark Laureyns, chercheur et audiologue.

Perte due au vieillissement

De fait, la perte d’audition s’accentue avec l’âge. Elle est plus fréquente chez les personnes âgées, car ce phénomène fait partie intégrante du vieillissement naturel. Plus de 40 % des personnes âgées de 60 à 69 ans sont atteintes d’une perte auditive sévère. Au-delà de 80 ans, ce problème touche environ 90 % des individus, d’après l’OMS.

C’est dire l’importance de la prévention, en particulier celle des effets toxiques du bruit, souvent sous-évalués. Entre-temps, l’appareillage demeure l’une des modalités de prise en charge les plus efficaces une fois que le déficit auditif est établi.