L’histoire continue...
 

Marc Ysaye : « À vrai dire, j’ai du mal à m’imaginer à la retraite. Mais cela fait partie de la vie, c’est naturel ! Je pense qu’avant tout, elle se prépare. J’ai commencé à me poser des questions sur ce que je pourrais faire de mon temps, de ce que j’ai envie de faire. Étant très actif dans ma vie professionnelle, j’ai une multitude de possibilités qui s’offrent à moi. La question est plutôt : qu’est-ce que je ne vais pas faire ? L’essentiel, je pense, est d’être en accord avec soi-même et surtout d’être en paix. S’il est clair que je ne serai plus actif à la RTBF sur le plan managérial, je peux toutefois envisager d’y garder un rôle de conseiller pour la suite de Classic 21. Je continuerai peut-être mon émission du dimanche matin. J’aurai aussi du temps pour me consacrer à la musique : le groupe Machiavel, mais également mon projet solo. Et puis j’adore la moto. Donc je ne vais pas m’ennuyer ! L’avantage, c’est que je n’aurai plus la pression des chiffres, de l’audimat et de l’audience de la radio. Le milieu audiovisuel est un domaine où il faut se battre constamment, travailler énormément. Cela me fera du bien de lâcher du lest. » 

 

Les temps forts d’une carrière
 

M. Y. : « Il est difficile de résumer les temps forts, il y en a eu tellement. De manière générale, je pense que les plus beaux moments sont ceux où la boîte m’a fait confiance. J’ai débuté en radio en tant qu’animateur, puis producteur, ensuite producteur en chef avant de devenir directeur. Cette évolution a été possible grâce à la confiance que m’a attribuée la RTBF. Le 3 janvier 1988, j’ai lancé l’émission Les Classiques, dont on va fêter les 30 ans en février prochain. Cette émission a marqué ma carrière. Le moment de la création des deux radios distinctes à partir de Radio 21 – Pure FM et Classic 21 – a également été un temps fort et je suis très reconnaissant à la boîte de m’avoir fait confiance sur ce coup-là également. Mon parcours s’est également construit grâce à une équipe formidable qui m’entoure et qui a fini par former une vraie famille. » 
 


 

En avant !
 

M. Y. : « La nostalgie n’est pas dans mon tempérament, pour la simple raison qu’elle implique de penser que les choses étaient mieux avant. Or, je pense que, s’il a existé des choses formidables dans le passé, il y en a également dans le présent et il y en aura dans le futur. Avec Classic 21, nous essayons de raconter l’histoire de la musique, d’avoir une vision large sur les perles du passé, tout en nous intéressant aussi au présent et aux évolutions. À titre personnel, je pense être une personne qui va de l’avant. À refaire, je ne pense pas que je changerais grand-chose à mon passé. Bien sûr, j’ai commis des erreurs et j’ai quelques regrets – qui n’en a pas ? – mais je suis heureux de ce que j’ai accompli. »

 

Radio – musique : la révélation
 

M. Y. : « Quand j’avais 13-14 ans, mes parents m’ont mis à l’internat, mais je ne m’y sentais pas bien. Pour m’évader un peu, j’écoutais en cachette un vieux transistor qui transmettait l’émission "Campus", animée par Michel Lancelot. Il y passait de la musique : Bob Dylan, The Beach Boys, Simon & Garfunkel… Sans le savoir, il m’a donné le goût du rock, je me suis dit : "je veux faire ça, faire de la musique, parler de musique et transmettre cette passion." »

 

Classic 21 : la suite
 

M. Y. : « J’espère avoir été un bon père pour Classic 21. Comment évoluera-t-elle ? Vu la vitesse à laquelle évoluent les technologies et les attentes des auditeurs, il est impossible de le prévoir. Mais j’ai confiance dans la relève et je suis certain que d’autres personnes s’en occuperont très bien. »