D’après vous, quels sont les avantages de la cinquantaine ?

Bruno Coppens : « Avoir 50 ans, c’est un cap qui peut sembler difficile : on arrive à la deuxième “moitié” de sa vie. J’ai pourtant l’impression d’être plus libre qu’avant. Mon dernier spectacle, “Mes singeries vocales”, en est la preuve : je m’y permets des choses que je n’osais pas faire plus jeune, comme chanter par exemple. Je me suis dit : “tu as 50 ans, si tu ne fais pas cela maintenant, quand le feras-tu ?! ” Les retours ont été très positifs, les gens semblent apprécier cette ouverture. »

Comment définiriez-vous la cinquantaine par rapport aux autres périodes de la vie ?

B. C. : « À 25 ans, on cherche à savoir qui l’on est, on se construit encore, on crée sa place. Vers 35-40 ans, on s’est généralement créé une identité et les gens nous définissent comme tels : on se retrouve alors enfermé dans un carcan. C’est à 50 ans qu’on peut sortir de ce modèle et se permettre toutes les libertés. Je suis humoriste, mais rien ne m’empêche d’être également chanteur durant mes spectacles ! »

Avez-vous l’impression de profiter plus de la vie à 50 ans qu’auparavant ?

B. C. : « Oui, absolument. Pendant la trentaine, j’avais la sensation d’être dans une course frénétique, de réfléchir au but de chacune de mes actions et de faire certaines choses parce que je le devais, même si elles n’étaient pas justes ou saines. Aujourd’hui, je me concentre plutôt sur ce que j’ai envie de faire et cela plaît au public. Les gens ont besoin de voir des personnes déterminées qui tracent leur chemin, qui osent, qui prennent des libertés, donnent leurs opinions… Je crois que cela les aide dans leur vie. »

Vous sentez-vous plus à l’aise dans certains domaines de votre vie aujourd’hui ?

B. C. : « J’assume mes opinions et mes points de vue avec plus d’assurance qu’autrefois. Mon expérience m’offre un regard sur le monde que j’aime partager dans mes chroniques ou mes spectacles. J’intègre une sorte de profondeur, de gravité en regard des faits d’actualité, même si cela peut rester sur un ton humoristique. »

Quel est votre moteur actuel ?

B. C. : « Mon énergie me vient des gens, du public, de la scène. Après deux heures de spectacle, je me sens dans un état particulier d’adrénaline et il me faut parfois deux bonnes heures pour redescendre sur terre ! L’énergie du public, des rires et des applaudissements recharge mes batteries et agit sur moi comme un véritable moteur. »

Quels conseils donneriez-vous aux cinquantenaires pour garder la pêche ?

B. C. : « Un conseil : pour rester jeune dans sa tête, il suffit de vivre entouré de personnes plus âgées que vous ! »

Peut-on comparer la cinquantaine à un retour à l’adolescence ?

B. C. : « Il est vrai que, les enfants ayant quitté le nid, la cinquantaine signifie souvent un retour à la vie à deux. On a des projets, on voyage, on bouge plus. Les choses sont plus faciles à prévoir qu’avec des enfants en bas âges ! On retrouve une forme de liberté presque adolescente qui est très agréable. »

Quels sont vos projets pour l’avenir ?

B. C. : « Je suis en train d’écrire un second livre qui succèdera au “Ludictionnaire”, sorti l’an dernier aux Éditions Racine. Vu le succès du premier, nous avons décidé de nous lancer dans un deuxième tome. En parallèle, je poursuis également mon émission “Un Samedi d’enfer” que je produis sur la Première, entouré de Pierre Kroll, Myriam Leroy et Nicolas Buytaers. Une belle aventure qui se poursuit ! »